Sans les voyages mon métier perdrait toute attractivité à mes yeux

Entreprendre et Voyager

publié par Stef l'expert le 24 avril 2020

Dans cet article je vous parle de mes débuts de voyageur professionnel et je vous livre de bons conseils pour voyager confortablement quand on doit se rendre aux quatre coins de l’Europe pour les affaires.

Cet article participe à l’événement lancé par le blog Entreprendre et Voyager de Marion GEYRES sur le thème « Ce que voyager a changé dans ma vie … ». Marion est une passionnée de voyages depuis toujours et d'entrepreneuriat depuis quelques années. Elle aime partager sa passion avec d’autres blogueurs et elle a lancé un carrousel d’articles. Mon article y participe.

J’ai éprouvé un grand plaisir à réfléchir sur ce thème. Comme vous pouvez le constater, « voyager » est un élément important de mon métier de Commissaire aux Comptes. Depuis mon premier stage en entreprise en tant qu’expert-comptable stagiaire j’ai aimé partir en déplacement professionnel. Avec un background franco-allemand j’ai pu assister des entreprises des deux côtés du Rhin.

Mon premier voyage d’affaires

Je n’oublierai jamais mon premier voyage en avion pour mon premier patron. Pour vous situer, j’ai débuté dans la métropole bancaire européenne qui est la bourse de Francfort, où j’ai intégré un des quatre plus grands cabinets au monde, surnommés les Big Four, spécialisés dans l’expertise comptable, le commissariat aux comptes et le conseil en management. Dès la première semaine on m’a inscrit à un stage de formation interne qui a eu lieu à Bruxelles. Je m’y suis rendu en buisines class à bord d‘un avion de la Lufthansa et j’ai pris un taxi à l’aéroport pour me rendre à mon hôtel 4 étoiles au cœur de la capitale belge.

Moi, jeune ex-étudiant, qui avait tout juste quitté les bancs de l’université, s’est retrouvé à prendre le café dans la VIP-longe à l’aéroport de Francfort à côté de patrons en costard cravate sérieusement impliqués dans leurs négociations. Moi-même bien sûr aussi dans mon premier costard, acheté avec mes économies d’étudiant. Un sentiment de fierté m’a gagné ce jour-là car j’avais la conviction d’avoir choisi le « bon métier ».

On s’habitue vite au luxe

Bien sûr les déplacements professionnels ne sont pas faits pour s’amuser. On s’habitue rapidement au confort, ce qui est compréhensible. La magie que dégagent les enseignes prestigieuses, les appellations de service « business » et les programmes VIP deviennent rapidement un « must have » et on est vite contrarié si le moindre grain de sable s’enlise dans la machine.

salle de bain Salle de bain

Les séjours à l’hôtel deviennent rapidement une corvée au quotidien. Garder la forme et bien récupérer deviennent alors les préoccupations qui dominent l’esprit du voyageur d’affaires.

Mais avec le temps j’ai acquis une « expertise » dans le « comment voyager confortablement » et aujourd’hui je pratique une façon de voyager qui fait fi des annonces tape à l’œil et des appellations racoleuses. Il faut dire que j’ai maintenant 30 ans de voyage d’affaires derrière moi. J’ai eu le temps de tester ce qui est bon pour moi et ce qui me fatigue.

Une autre façon de voyager

Aujourd’hui, en tant qu’indépendant et à la tête d’un cabinet comptable, j’organise moi-même les circuits (hôtel, transport, restaurants) et je vous livre ici ma recette du « voyageur posé » :

  1. Je recherche des hôtels de charme. Ce qui me permet de dormir dans des endroits insolites comme d’anciens moulins, des châteaux restaurés ou chez l’habitant.

    petit déjeuner au moulin Petit-déjeuner au moulin

    Selon moi un bon hôte est celui qui me répond au téléphone quand je réserve une chambre : « Bonjour Monsieur ENGLER, vous prenez la même chambre comme d’habitude ? ». Le plus grand luxe est de savoir à l’avance qu’on va retrouver un bon logement le soir.

    Pour cette raison j’aime avant tout retourner dans des établissements que j’ai appréciés.

  2. Je préfère le train à la voiture et j’évite les avions. Après un trajet Colmar – Clermont-Ferrand vous n’êtes pas le même homme si vous avez passé 7 heures sur l’autoroute ou 5 heures dans le TGV.

    gare de Limoges Gare de Limoges

    A mon grand regret cette équation risque de devenir périlleuse dans ce contexte de contagion du COVID-19, où la distanciation sociale est de rigueur.

  3. Je planifie mes circuits largement à l’avance si le planning me le permet. Certains clients vous appellent et vous devez entreprendre un voyage pour eux au pied levé. Un voyage paisible est un voyage organisé.

    Avec ces trois éléments j’ai réussi à trouver un bon mode de fonctionnement afin que mes voyages deviennent aussi un temps fort et l’occasion de s’évader un peu de son quotidien de travail. Je m’arrange autant que possible pour planifier les rdv avec mes clients en début ou fin de semaine et j’essaye de profiter des attractions touristiques aux alentours.

    Avec ma conférence sur la « Mise en conformité de votre entreprise avec le RGPD » j’ai entamé un véritable Tour de France en 2019. Voici  quelques impressions :

    impressions Tour de France 2019 Impressions Tour de France 2019

Le voyageur d’affaires est un « Digital Nomad » ?

Pour préparer ces lignes j’ai lu certains articles dans le carrousel et j’apprends des choses très intéressantes. Si j’ai bien compris, le « Digital Nomad » sépare ces deux « vies » de voyageur et d’entrepreneur. Il se rend à un endroit du monde de sa préférence mais il fait semblant devant son client d’être « présent » à ses côtés. Aussi je suis surpris de constater qu’on trouve dans mes 3 conseils ci-dessus les piliers du concept « Digital Settler » qui tente de marier mouvement et stabilité.

En tant que voyageur d’affaires mes destinations ne sont pas si lointaines et généralement des endroits peu attractifs comme des amphithéâtres dans des centres villes bondés ou des zones industrielles.

conférence à Toulouse Conférence à Toulouse

J’ai un vrai budget « frais de déplacement » qui est financé par une refacturation à mes clients et qui me permet de voyager confortablement. Je vous invite à lire mon article sur la comptabilisation des notes de frais et la récupération de la TVA.

Une autre grande différence est certainement le « Digital » qui joue un tout autre rôle pendant mes voyages. En fait je me sers de ma connexion Internet pour être en contact avec mes « autres » clients pendant que je consacre l’essentiel de mon temps au voyage et aux rdv d’affaires. Cela me rend plus disponible et j’arrive à rentabiliser davantage mes heures de trajet (travail dans le train par ex.)

Un « Digital Nomad » sommeille en moi

J’ai une famille adorable et je suis solidement ancré dans le tissu économique alsacien. Les voyages à l’autre bout du monde n’exercent plus autant d'attraction sur moi. Par contre je suis souvent assis à mon bureau avec une belle vue sur les Vosges et je me mets à rêver d’un cabinet installé en pleine nature. Mon métier me permet de travailler « à distance » et j’ai déjà largement entamé la conversion de mon cabinet au « sans papier ».

En écrivant ces lignes je me demande quand je vais oser faire le pas ?

Remerciements

Je remercie chaleureusement Marion pour sa belle initiative de réunir la communauté de bloggeuses et blogueurs autour d’un thème aussi riche que « Entreprendre et Voyager ». Elle nous invite à nous poser les bonnes questions !